Il paraît que les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés. Pour les développeurs, c'est un peu pareil : on soigne les sites des clients et on laisse le sien prendre la poussière. shapes.fr en était l'exemple parfait.
Jusqu'à il y a peu, ce site tournait sur du PHP que j'avais écrit à la main il y a bien longtemps. Des fichiers inclus les uns dans les autres, une table portfolio dans la base de données, et pour changer quoi que ce soit : un client FTP et phpMyAdmin. Aucune interface d'administration. Ça marchait, c'était rapide, et je n'avais pas souvent de raison d'y toucher : quelques mises à jour du portfolio dans l'année, guère plus. Le genre de chantier qu'on repousse indéfiniment parce qu'il n'y a jamais d'urgence.
Sauf qu'à force, le décalage devenait gênant. Je passe mes journées à expliquer aux clients l'intérêt d'un site propre, administrable, tenu à jour et sécurisé, pensé pour durer. Le mien ne cochait aucune de ces cases. Autant tester sur mon propre site ce que je recommande aux autres.
Reconstruit sur mon propre socle
Le nouveau site est reparti de zéro, en Laravel, sur un socle que j'ai développé moi-même, spécifiquement pour ce type de projet : les sites de studios et d'agences, avec un portfolio à tenir, des pages à gérer, un back-office pour piloter tout ça. Ce n'est pas un CMS grand public que j'aurais adapté. C'est un développement maison, que je fais évoluer depuis des années et qui fait déjà tourner d'autres sites du même genre.
L'idée derrière cet outil est simple : ne rien embarquer d'inutile. Pas de fonctions dont je ne me sers pas, pas d'extensions tierces à surveiller et à mettre à jour dans mon dos. Il ne porte que ce dont ces sites ont réellement besoin, et c'est précisément ce qui le rend léger, rapide et facile à sécuriser.
L'essentiel du travail est invisible depuis l'extérieur. Il y a maintenant un back-office complet pour gérer les références, les pages, la foire aux questions, tout le contenu. Avant, il fallait ouvrir un fichier ou une table à la main. Les requêtes vers la base ont été revues pour ne charger que ce qui sert à la page affichée. Et le rendu des pages est mis en cache, donc une visite ne relance pas trente calculs pour rien.
Côté visiteur, ça se voit sur une chose : le site se charge vite. Les indicateurs de performance de Google, les Core Web Vitals, sont au vert, et ça compte pour le confort de lecture autant que pour le référencement.
Le référencement, et la lisibilité par les IA
La refonte a été l'occasion de remettre les fondations SEO d'aplomb : une structure de pages nette, des adresses lisibles, un plan de site, des fils d'Ariane, et des données structurées sur chaque page, ce balisage que Google et les autres lisent pour comprendre de quoi une page parle. Chaque projet du portfolio a désormais sa propre page, avec sa description et son lien vers le site en ligne. Avant, tout était coincé dans une seule liste, quasi invisible pour les moteurs.
Nouveauté par rapport à il y a cinq ans : il faut aussi compter avec les moteurs de réponse, ceux qui répondent directement à une question au lieu d'afficher dix liens bleus, comme ChatGPT, Perplexity ou les résumés de Google. On appelle ça le GEO, pour generative engine optimization. Le terme est un peu ronflant pour une idée simple : présenter l'information assez clairement pour qu'une machine puisse la reprendre sans se tromper. Les données structurées et une rédaction directe y aident beaucoup. Je ne sais pas encore quelle part de visites ça représentera, mais autant être prêt.
Cookies et pages légales
Le site part avec ce qu'on attend aujourd'hui côté conformité : un vrai bandeau de consentement aux cookies, des mentions légales et une politique de confidentialité. La mesure d'audience ne se déclenche qu'après acceptation, pas avant. Ce n'est pas du conseil juridique, et une activité qui manipule des données sensibles a tout intérêt à faire relire ces textes par un professionnel du droit. Mais la mécanique est en place et elle se comporte comme elle doit.
Le design n'a pas bougé, et c'est voulu
Si vous connaissiez l'ancien site, celui-ci doit vous sembler identique. C'est normal : j'ai gardé la même maquette, les mêmes couleurs, la même mise en page. Toute l'énergie est passée dans ce qui se trouve derrière : l'administration, l'optimisation des requêtes, les temps de chargement, la conformité. Refaire le graphisme en même temps aurait tout mélangé, et je n'aurais jamais su ce qui, au final, avait fait bouger les performances.
Une refonte visuelle suivra sans doute, maintenant que les fondations sont saines. Mais rien ne presse : le site fait son travail.
Ce billet ouvre au passage une petite rubrique. J'y noterai de temps en temps ce qui se passe en coulisses des projets : les choix techniques, ce qui tient dans la durée, ce que je referais autrement. Sans calendrier fixe, juste quand il y a quelque chose à dire.